EPFL – École polytechnique fédérale de Lausanne

Institution signataire de la Charte 2050Today - PLAN D'ACTION adopté

Le plan climatique de l'EPFL en bref

Objectif de réduction de GES d'ici à 2030 : - 40%

En mettant en œuvre son plan d’action climatique, l’EPFL vise à réduire ses émissions globales de gaz à effet de serre (par rapport aux niveaux de 2006 et 2019) de 40 %

Réduction des émissions d'énergie ≤ 63 %

Nombre d’actions menées à bien en 2024 et à mettre en œuvre d’ici 2030 : voir Énergie et bâtiments

ALIMENTATION : réduction des émissions ≤ 40%

Nombre d’actions menées à bien en 2024 et à mettre en œuvre d’ici 2030 : voir la rubrique « Services de restauration »

MOBILITÉ (Transports) : réduction des émissions ≤ 30 %

Nombre d’actions menées à bien en 2024 et à mettre en œuvre d’ici 2030 : voir « Déplacements académiques»

MOBILITÉ (trajets domicile-travail) : réduction des émissions ≤ 30 %

Nombre d’actions menées à bien en 2024 et à mettre en œuvre d’ici 2030 : Déplacements domicile-travail

Achats et gestion des déchets : réduction des émissions ≤ 30 %

Nombre d’actions menées à bien en 2024 et à mettre en œuvre d’ici 2030 : voir la section « Achats et gestion des déchets »

NUMERIQUE RESPONSABLE

Nombre d’actions menées à bien en 2024 et à mettre en œuvre d’ici 2030 : voir « Systèmes informatiques durables »

Contribution à l'action climatique

L’EPFL s’est engagée à respecter les exigences climatiques du gouvernement suisse, qui visent à réduire de 50 % les émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie (par rapport aux niveaux de 2006) d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone en compensant ces émissions (à partir de 2020). Elle vise en outre à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, que la Suisse a ratifié en 2017.

L’EPFL vise la neutralité carbone d’ici 2040. Atteindre la neutralité carbone signifie retirer de l’atmosphère une quantité de carbone équivalente à celle émise par ses activités. L’EPFL a mis en place plusieurs initiatives visant à développer des technologies de capture, d’utilisation et de stockage du carbone, parmi lesquelles l’initiative Solutions4Sustainability et de nombreux projets de recherche menés dans ses laboratoires. L’école entend servir de laboratoire vivant pour tester les systèmes les plus prometteurs. Pour atteindre la neutralité carbone, l’EPFL collaborera avec d’autres organisations du domaine des EPF dans le cadre des initiatives Swiss Center of Excellence on Net-Zero Emissions (SCENE) et Speed2Zero. Les nouvelles technologies ne suffisant pas à elles seules à permettre à l’EPFL d’atteindre la neutralité carbone, la priorité absolue reste la réduction des émissions de carbone.

Les points mentionnés ci-dessous constituent les grandes lignes de l’action climatique de l’EPFL. Pour plus de détails sur les politiques, les objectifs et les réalisations, veuillez consulter le rapport complet intitulé « Stratégie de l’EPFL en matière de climat et de développement durable ».

Actions thématiques

Biodiversité

Le campus de Lausanne (bâtiments, allées, circulation, intégration de sculptures, aménagement paysager) a été conçu dans les années 70 comme un « Gesamtkunstwerk » (œuvre d’art totale), c’est-à-dire à la manière d’un paysage conçu comme un microcosme autonome. Cependant, à mesure que de nouveaux bâtiments ont été construits pour répondre à l’expansion du campus, la proportion de surfaces minéralisées a augmenté au détriment des surfaces perméables et végétalisées.

Un plan directeur consacré à la mobilité et aux espaces publics est actuellement en cours d’élaboration, dans le but de créer un campus plus inclusif, accessible et durable. Il visera à intégrer les espaces publics non aménagés dans les plans relatifs aux grands projets de construction, à la densification et à la rénovation des infrastructures, avec pour ambition de créer des espaces extérieurs plus accueillants, plus paisibles et mieux adaptés au changement climatique.

Réalisations de 2022

  • Lancement du projet « Campus Piéton » dans le cadre d’une démarche participative.
  • Étude diagnostique des zones stratégiques pour la biodiversité.
  • 200 arbres et 450 arbustes ont été plantés dans le cadre du projet de reboisement (1 000 arbres doivent être plantés en 5 ans).
  • 42 000 bulbes de narcisses ont été plantés dans le cadre de la stratégie de fleurissement du campus visant à accroître l’approvisionnement en pollen pour nos pollinisateurs.

Campus résilient de l’EPFL

Energie

En 1978, à la suite de la première crise pétrolière, l’EPFL a pris la décision visionnaire d’installer sur le campus de Lausanne une centrale qui puise son énergie thermique dans le lac Léman. La centrale a ensuite été rénovée, de sorte qu’en 2022, le campus était entièrement indépendant du pétrole. Aujourd’hui, on estime que 54 % de l’énergie consommée provient du lac Léman, 6 % du gaz naturel et 40 % de l’électricité. Environ la moitié de l’électricité provient de sources renouvelables en Suisse. Cependant, le campus émet encore plus de 16 000 tonnes d’équivalent CO2 par an, ce qui représente environ un tiers de l’empreinte carbone mesurée. Cela s’explique par l’impact significatif en CO2 de l’importation d’électricité produite à partir de combustibles fossiles en Suisse pendant l’hiver.

Réalisations de 2022

  • Les travaux de rénovation de la centrale thermique du campus de Lausanne sont terminés, faisant de ce campus un site sans pétrole
  • Un centre de données de 2 MW raccordé à la centrale thermique du campus de Lausanne, de sorte que les serveurs sont refroidis à l’eau du lac et que la chaleur qu’ils génèrent est récupérée
  • Le système de conversion d’énergie moyenne et basse tension du campus de Lausanne a été ramené de 21 kV à 20 kV, ce qui a permis de réduire la consommation d’énergie de 3 %.

Alimentation

La communauté de l’EPFL compte actuellement environ 16 000 personnes, et la nourriture qu’elles consomment sur le campus représente environ 13 % des émissions totales de carbone (> 6 000 tonnes d’équivalent CO₂ en 2019). La moitié de ces émissions provient des produits carnés, alors que ceux-ci représentent moins de 15 % des achats alimentaires globaux. L’EPFL a lancé en 2019 une stratégie ambitieuse en matière de restauration durable qui vise à transformer radicalement la consommation alimentaire sur le campus, en mettant l’accent sur des repas préparés à partir de produits frais, locaux et de saison, ainsi que sur des plats savoureux, équilibrés sur le plan nutritionnel, abordables (en particulier pour les étudiants) et ayant tous un impact environnemental aussi faible que possible.

2022 Achievements

  • Les émissions de carbone liées à l’alimentation ont été réduites de 6,1 kg à 4,7 kg d’équivalent CO₂ par kg de denrées alimentaires achetées (par rapport à 2019)

Restauration durable à l’EPFL

Mobilité

La mobilité, principale source d’émissions de CO₂ en 2022 (avec 38 % provenant des déplacements liés aux études et 12 % des trajets domicile-travail), a été identifiée comme une priorité pour réduire l’empreinte environnementale de l’EPFL.

Voyages académiques

Rencontrer des pairs et participer à des événements internationaux est un élément essentiel du processus de recherche. Cela permet aux scientifiques de partager leurs idées, de se constituer des réseaux professionnels et d’accroître leur visibilité. De même, les étudiants peuvent bénéficier de programmes d’échange, de voyages d’étude et de stages à l’étranger. Pourtant, les déplacements universitaires constituent la principale source d’émissions de gaz à effet de serre de l’EPFL, générant l’équivalent d’environ 16 600 tonnes de CO2-eq avec plus de 20 000 vols effectués en 2019.

La stratégie de l’EPFL en matière de climat et de développement durable vise à réduire d’au moins 30 % les émissions de carbone liées aux déplacements professionnels d’ici 2030 (par rapport à 2019), grâce à : 1) une révision de la politique de l’EPFL en matière de déplacements, 2) l’encouragement à une réduction volontaire des déplacements en avion et 3) l’amélioration des infrastructures de visioconférence.

Réalisations 2022-2023

Une nouvelle politique relative aux voyages d’affaires et aux déplacements des étudiants est entrée en vigueur en janvier 2023. Elle comprend notamment :

  • Toutes les réservations de voyage doivent être effectuées par l’intermédiaire d’une agence de voyages centrale
  • Utilisation du train pour les destinations européennes accessibles en moins de 6 heures
  • Réservation prioritaire de vols directs et de compagnies aériennes performantes en matière d’émissions de CO₂
  • Réservation en classe économique pour les vols de moins de 6 heures
  • L’utilisation de véhicules privés à des fins professionnelles est réservée aux cas exceptionnels.

La mise en œuvre de ces recommandations en matière de déplacements a été accompagnée d’une campagne de sensibilisation sur l’impact climatique des voyages en avion.

Déplacements pendulaires

Depuis 2003, l’EPFL mène des enquêtes sur la mobilité auprès de ses étudiants et de ses collaborateurs afin de comprendre l’évolution des habitudes de déplacement, de planifier les infrastructures de transport et de calculer l’impact environnemental des trajets domicile-travail. Entre 2003 et 2021, et suite à la mise en place du Plan de mobilité de l’EPFL, les résultats ont révélé une profonde transformation des comportements de mobilité, avec notamment : 1) une augmentation exponentielle de la part de la marche (de 4 % à 16 %) et du vélo (de 13 % à 26 %), tant chez les étudiants que chez le personnel, 2) une forte réduction de l’utilisation des transports motorisés individuels (de 34 % à 18 %), en particulier chez le personnel.

Réalisations 2022-2023

Des études exploratoires ont été menées sur divers thèmes liés aux déplacements domicile-travail, tels que :

  • L’accès aux espaces extérieurs pour les personnes à mobilité réduite, dans le but d’offrir une vision globale des installations afin de concevoir un campus accessible et inclusif.
  • À propos du stationnement, dans la perspective de la révision de la politique de stationnement de l’EPFL, qui vise à réduire de 30 % le nombre de places de stationnement sur le campus d’ici 2025.
  • Évaluer l’impact environnemental des livraisons à l’EPFL et proposer un plan d’action visant à le réduire.

Déplacements universitaires de l’EPFL

Trajets domicile-travail à l’EPFL

Numérique responsable

En tant qu’école d’ingénieurs, l’EPFL est particulièrement attentive à l’impact environnemental de ses systèmes informatiques. Cet impact résulte non seulement des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de l’utilisation de ressources naturelles telles que l’énergie, l’eau et les minéraux de terres rares. Environ 10 % de l’empreinte carbone de l’EPFL en 2019 provenait de la fabrication d’équipements informatiques, notamment d’ordinateurs, d’écrans et de tablettes, tandis que 4 % supplémentaires (soit 6 800 tonnes d’équivalent CO₂) provenaient de la consommation d’électricité liée à l’informatique. Consciente de ses besoins numériques sans cesse croissants, tant pour l’enseignement que pour la recherche, l’EPFL s’engage à mettre en œuvre une stratégie informatique durable exemplaire.

Réalisations de 2022

  • Un système de refroidissement par eau de lac a été mis en place pour refroidir trois centres de données (0,5 MW, 1 MW et 2 MW) et récupérer la chaleur produite par les serveurs.
  • L’empreinte carbone annuelle des services informatiques du campus a été mesurée.
  • Projet pilote mené pour un site web à faible empreinte carbone (le site web de l’Unité de développement durable de l’EPFL).
  • Projet pilote de service de réparation de smartphones destiné à l’ensemble de la communauté de l’EPFL

Systèmes informatiques durables de l’EPFL

Gestion des déchets

La politique d’achat de l’EPFL s’inscrira dans une approche globale, fondée sur l’économie circulaire, qui passe par la remise en question des besoins, l’allongement de la durée de vie des équipements et la valorisation des déchets. L’EPFL estime actuellement que l’ajout des produits et services achetés aux émissions de carbone mesurées (à l’exclusion des émissions liées à l’informatique, à l’alimentation et aux déplacements, qui sont déjà prises en compte) doublerait son empreinte carbone. Les critères d’achat – qu’il s’agisse de sélectionner des fournisseurs ou des produits et services spécifiques – intégreront systématiquement des facteurs sociaux, environnementaux et économiques et prendront en compte l’ensemble du cycle de vie du produit ou du service en question. Cela implique de nouer des partenariats avec des fournisseurs qui partagent la vision de l’EPFL, afin de guider la communauté vers des pratiques durables.

Réalisations de 2022

  • Premières estimations de l’empreinte carbone liée aux marchés publics
  • Premier Repair Café régulier organisé

EPFL sustainable procurement and waste management

Empreinte carbone et émissions par champ d'application

La méthodologie de mesure des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 2050Aujourd’hui suit le Protocole des GES. Ce protocole fournit aux organisations des normes et des orientations pour mesurer et gérer les émissions responsables du réchauffement climatique. Il a été créé en 1998 dans le cadre d’un partenariat entre le World Resources Institute (WRI) et le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (World Business Council for Sustainable Development, WBCSD).

Selon le Protocole des GES, la répartition des émissions se fait par champs d’application :

Le champ d’application 1 (scope 1) représente les émissions directes liées à la consommation de combustibles fossiles.

Le champ d’application 2 (scope 2) représente les émissions indirectes liées à la production d’électricité, de vapeur, de chauffage et de refroidissement achetés et consommés par l’entreprise déclarante.

Le champ d’application 3 (scope 3) comprend toutes les autres émissions indirectes qui se produisent dans la chaîne de valeur d’une entreprise (c’est-à-dire les biens ou services achetés, les voyages d’affaires, les déplacements des employés).

L’empreinte carbone de 2050Aujourd’hui prend en compte les émissions déclarées générées par les activités de l’institution sur une année et est divisée par catégories :

Energie et eau

Elle prend en compte la quantité d’électricité consommée, produite et achetée par l’institution. L’énergie consommée pour chauffer et/ou refroidir les bâtiments de l’institution et l’eau consommée sont également incluses.

Mobilité

Elle prend en compte les voyages d’affaires et les déplacements domicile-travail (sur la base d’une enquête).

Alimentation

L’impact CO2 de l’alimentation comprend la restauration de l’institution et la consommation individuelle (sur la base d’une enquête) pendant les heures de travail.

Biens achetés

Le périmètre des biens achetés est fixé à une liste de nouveaux équipements de bureau, de nouveaux équipements de mobilité (véhicules) et de matériaux de construction.

Déchets

Le périmètre de l’inventaire des déchets est fixé à la production de déchets provenant des installations et des opérations internes de l’institution.

Il convient de noter que les données collectées par les membres de 2050Today pour chaque empreinte carbone ne sont pas encore totalement standardisées et pourraient ne pas être entièrement complètes. La collecte des données est progressivement harmonisée et améliorée. Par conséquent, les comparaisons directes entre les tCO2 / employé parmi les institutions – que ce soit en général ou par secteur – ne sont pas encore possibles ni pertinentes.

Afin de garantir la fiabilité, la précision et la mise à jour régulière de l’évaluation de l’empreinte carbone, 2050Aujourd’hui est conseillé par un comité scientifique international de l’empreinte carbone.

Empreinte carbone